Troisième et dernier jour du MaMA a été haut en couleur porté des artistes énergiques. Bilan de ce dernier jour!

VOYOV

VOYOV

Ambiance intimiste au théâtre de l’Atalante, la légèreté volcanique de Voyov débarque sur scène, comme un relent d’été à travers sa « jungle artificielle ».

De son vrai nom, Thibaud Vanhooland, l’artiste lance son projet solo sur cette petite scène, armé de ses baguettes, sa guitare et sa trompette. Prophète romantique sur fond électro, aérien dans cette cave qu’est pourtant la salle de concert, ‘ces soirées’, ‘on s’emmène avec toi’ le sacrent comme instrumentiste aux multiples talents. Se saisissant de chaque utilitaire musical comme d’un objet quotidien pour ponctuer sa performance, impossible de s’ennuyer.

Un homme qui n’a besoin de personne si ce n’est d’un public réceptif. Mais chez ce néo-romanesque il n’y a pas que la musique non, une voix claire et poétique s’impose peu à peu et nous entraine, doucement d’abord, pour se finir sur un show dansant et feel good. Merci!

WWWATER

WWWATER

Une voix habitée, capable de toutes les tonalités, la musique de WWWATER nous ont également fait vibrer,

Déesse déchaînant ses aigues sur le devant de la scène, entre électro-pop et rnb, la nouvelle pouliche de Soulwax balance sa soul dans cette salle du IXe arrondissement. Shiva incandescente occupant l’espace scénique en collants, le Folies Pigalle semble lui convenir parfaitement. Sacrée Meilleure Révélation Féminine 2016 par le prix Redbull Elektropedia, et un premier EP sorti en 2017 au label Deewee sous sa vraie identité (Charlotte Adigéry), la belge n’a pas fini de faire parler d’elle.

Bémol: une salle mal adaptée ou une instru mal réglée, c’était malheureusement un peu trop fort pour une ouie standard…

Corine

Corine

Satin, paillettes et afro blonde, on est bien évidemment aller voir Corine.

Débarquant sur son ‘Pourquoi Pourquoi’ enflammé, l’humour et le « sexy has-been » de Corine Marienneau font immédiatement danser. Un show comme un flasback des années disco, elle prend la pause, pense à autre chose comme disaient les autres. ‘Pluie fine’, la féline (mais toujours au second degré) embaume la salle de son énergie et présente son nouveau titre ‘Cocktail’. La « fille de ta région » gagne son pari d’être aussi magnétique et délicieusement désuète sur cette scène du MaMa. Une indispensable pour un automne moins pluvieux!

 Chapelier Fou

Chapelier Fou

Vendredi soir au Lycée Jacques Decour, le théâtre est rempli pour voir le live de Chapelier Fou. Son album est sorti le jour-même et cela semble avoir suscité de l’intérêt.

Nous prenons le concert en cours, l’ambiance est calme quand nous nous faufilons à l’avant, les trois jours du MaMA Festival n’y sont surement pas pour rien. Les douces compositions électroniques qui proviennent de la scène doivent également accentuer ce sentiment de sérénité ambiant.

Soutenu par une scénographie minimale de formes géométriques en led, Chapelier Fou présente son nouveau live. Après trois morceaux, les musiciens le quittent et il reprend le titre Darling, Darling, Darling envoûtant, l’assemblée est conquise. L’auditoire se fait alors plus silencieux possible pour écouter le messin sampler successivement sa voix et son violon. À l’issue de sa performance hyper rôdée, il nous remercie avant de lâcher :« C’était un très vieux morceau, je vais enchainer avec quelque chose de plus neuf. » Dès la première note, c’est plus électronique, il a quitté son violon qu’il délaissera pour n’utiliser que son pad et son synthé. C’est plus rythmé, mais toujours très atmosphérique.

Presque sans rupture, sa violoncelliste le rejoint et ils enchaînent ensemble sur un nouveau titre dont le son de clavecin marque bien la transition. Nouveau morceau, nouvelle formation, son dernier musicien revient sur scène pour reprendre leur formation initiale. Après deux autres titres, nous sentons la fin de concert arriver quand Chapelier Fou surprend à l’assemblée avec un « C’est super chiant de sortir de scène donc on enchaine ». Rires et salve d’applaudissements ! Toujours aussi attachant sur scène que musicalement, Chapelier fou terminera son concert sur un ton plus punchy où se mêlent harmonieusement sons électroniques et acoustiques.

 

Par Emma Ferey & Eric Muhizi